Tesla met 250 millions de dollars supplémentaires sur la table pour son usine de Grünheide, près de Berlin. La capacité passe de 8 à 18 GWh de cellules 4680 par an. Le démarrage est prévu au premier semestre 2027, avec 1 500 embauches sur la seule activité batterie.
Une rallonge bienvenue
L'annonce a été faite par André Thierig, le directeur du site, sur LinkedIn. En décembre 2025, Tesla avait déjà engagé près d'un milliard de dollars sur la production de cellules à Grünheide, sa seule usine européenne. Avec ces 230 millions d'euros supplémentaires, l'addition grimpe à environ 1,2 milliard. C'est beaucoup, sauf qu'il faut se rappeler qu'en 2020, Elon Musk promettait 100 GWh à Grünheide, et même jusqu'à 250 GWh à plus long terme. Les 18 GWh annoncés représentent donc 7 % de la capacité maximale évoquée six ans plus tôt. Le chantier batterie avait été gelé en 2022, le temps que Tesla bascule ses priorités vers le Texas, aux US, là où Joe Biden venait de voter de grosses subventions via l'Inflation Reduction Act. Parce que oui, à une époque, Elon Musk était plutôt à l'aise avec l'administration Biden.
18 GWh ça fait beaucoup ?
Sur la base d'environ 75 kWh par Model Y Grande Autonomie, 18 GWh couvrent les besoins d'environ 240 000 véhicules par an. Sur le papier, ça paraît beaucoup. Sauf que Grünheide n'a produit qu'un peu plus de 200 000 véhicules en 2025, pour une capacité théorique de 375 000 par an. Donc même après le démarrage de 2027, Tesla devra continuer à importer une partie de ses cellules pour suivre la cadence si jamais l'usine tourne enfin à plein régime.
Aujourd'hui, c'est CATL qui livre les cellules LFP et LG Energy Solution les cellules NCM des Model Y assemblés sur place. Côté emploi, Tesla compte environ 11 000 salariés à Grünheide, contre 12 400 deux ans plus tôt.
Volkswagen et CATL annoncent à peu près les mêmes chiffres
Côté concurrence, PowerCo, la filiale batterie de Volkswagen, prévoit 20 GWh à Salzgitter en première phase, avec une extension envisagée à 40 GWh. CATL prépare 14 GWh sur son site de Thuringe. Avec ses 18 GWh, Tesla joue dans la même cour que ses rivaux allemands, ni plus ni moins. Le constructeur garde quand même un avantage, celui de fabriquer cellules, packs et voitures sur un seul et même site, ce qu'aucun autre n'arrive à faire en Europe. À partir de 2027, ces fameuses cellules 4680 sortiront directement de Grünheide au lieu de venir d'Austin, au Texas. La ligne d'assemblage des packs avait d'ailleurs été interrompue par un incendie en août 2025 qui a détruit 512 cellules. Tesla l'a depuis reconstruite et la présente comme son unité batterie la plus automatisée au monde.
On en dit quoi ?
Honnêtement, c'est une très bonne nouvelle, même si on peut la relativiser sur les volumes. Passer de 8 à 18 GWh, c'est doubler le projet, sauf que c'est aussi reconnaître que l'objectif initial de 100 GWh restera très probablement au placard pendant encore quelques temps. Tesla a clairement freiné en Europe quand l'Inflation Reduction Act lui a fait les yeux doux côté Texas, et la marque revient maintenant un peu obligée, parce que le marché européen ne pardonne plus aux constructeurs qui font fabriquer leurs cellules à 8 000 km. Le fait que Grünheide soit encore loin de tourner à plein régime montre aussi que le problème de Tesla en Europe n'est pas vraiment industriel, mais commercial. Il faudrait que les ventes explosent dans les mois à venir pour qu'une nouvelle augmentation conséquente ai du sens. Mais avec Tesla, tout est possible !